29.01.2007

NÉ QUELQUE PART par Juliette Gréco

J'étais persuadé que Juliette Gréco sortait un dernier disque comme Henri Salvador, pour surfer sur la mode des "reviens-y" avec tous les freluquets à la mode, de Biolay à M. Il est vrai que je ne crois pas à la bonification musicale avec l'âge. Dans bien des cas, la vieillesse est un naufrage. Mais …


…Je ne dis pas que ce ne soit pas heureux pour les fans absolus, de communier des dernieres années de leurs artistes, par hommage, abnégation et fascination. Mais en général, pour l'auditeur normal, c'est laborieux. J'ai vu ainsi Trenet, Barbara et Ferré faire pitié. J'ai vu James Brown fatigué vers 1993. Pareillement Bob Dylan à Reading qui lançait les morceaux et partait unquart d'heure en coulisses se reposer, laissant travailler des musiciens. C'est ainsi. Juliette Créco sort un disque, je crains le pire. Et savez-vous ce qu'il arriva ?
J'ai entendu sa reprise de "Né quelque part" de Maxime le Forestier. Elle m'a retournée. Car elle a (son atrrangeur) sublimé ce morceau par la musique. L'original était correcte mais sonnait banalement, excepté le cœur africain puissant. Une ballade au son des années 80 bien mûres.
Avec cette nouvelle orchestration, la chanteuse a laché des chevaux. Elle a libéré l'œuvre. Tout un orchestre classique, une masse orchestrale qui s'enroulent qui réagit, que forme un nuage géant roulant sur lui-même, tout un monde sonore complexe qui enfle sous sa voix. ET là, sur ce char énorme, le parlé chanté de Juliettte Gréco calme, parait profond. C'est œuvre de reine qui pèse ses pensées. Elle s'est emparé du message. Du coup, elle le sublime, elle l'amplifie. Être né quelque part devient une question.
(idem pour Utile qui est bien plus crédible ici que dans l'original de Julien Clerc)

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