23.02.2007

"AUX ARBRES CITOYENS", UNE CHANSON DANS LA CAMPAGNE

Voici sans doute la chanson de la campagne électorale.
Il y a quelques semaines, au supermarché de la rue des Petites-Écuries, je tends l’oreille vers le haut parleur dissimulé dans le plafond, une fois, deux fois… J’écoute (je me fiche des chansons qui passent en supermarché). Puis à la ré-écoute, au café ou ailleurs, je la reconnais, elle court, et j’imagine bien sûr…


… sans savoir d’où elle vient, que cette voix neutre, très jeune est celle d’un grand frère, sans manière. Derrière, ses copains, sa troupe reprend en chœur pour ensemble revendiquer quelque chose. Un effet de groupe, un big bazar, augmenté par la musique. C’est sans grande surprise, mais « entraînant » et correspond bien à l’idée des paroles. Tout cela possède le don de rentrer dans l’oreille. S’articule bien, accroche le cœur. D’autant plus que sa couleur est assez originale parce que très simple, elle ne copie pas les manièrismes des faiseurs de variété actuelle. Petit à petit, cette chanson devient la couleur de cette fin d’hiver. De ce printemps. Elle devient la chanson de la campagne électorale.

—Notez que le "aux arbres" se comprend "aux armes". Chanter par des enfants, évidemment rien n'est menaçant, vision épique.
—Le phrasé est vraiment très simple, la chanson facile à trouver (par clin d'œil, on a reproché jadis à Péléas et Mélisande d'avoir des airs faciles) mais comme toute les évidences encore fallait-il la trouver, cela devait crever les yeux sans doute ou les oreilles. Une histoire similaire à "Tomber La chemise" des ZEBDA lors de la campagne électorale de 1995 qui fut incontournable. Bien que ce soit ici moins fort, d'accord.
— Écoutez aussi "Donne moi une vie"
— Yannick Noah laissait le souvenir de Saga Africa, du tennisman inutile reconverti chanteur pour un Roland Garros télévisuel, rasoir, et convenu moderno / Là l'œuvre vient avant l'image toute proportion gardée.
— Le reste est à jeter. Ne pas regarder les clips non plus. Qui n'apportent rien. Où l'on retrouve le pantin factice formaté.

« Puisqu'il faut changer les choses
Aux arbres citoyens !
Il est grand temps qu'on propose
Un monde pour demain ! »
C’est l’air du temps.
Et puis, intrigué, je découvre qu’il s’agit de Yannick Noah. Laurent Laurent.
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