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25.09.2007
"ON THE ROAD AGAIN" 2 compte-rendu
"Le bœuf de « On the Road Again » commença dimanche, à 16h30.
Aujourd’hui, le lendemain, je n’ai plus de sensibilité dans l’extrémité du majeur gauche. Le nerf est mort. Les autres doigts ne sont pas beaux à voir. Je n’ai pas rêvé d’On the Road again, mais ce matin en faisant les courses, je marchais plus rapidement avec ce « di-dim, di-dim, di-dim,… » en tête.
Un petit espace avait été aménagé en bordure de la terrasse du Cabaret Pirate, sur l’esplanade du bord de Seine. Autour d’une bobine de chantier en guéridon, de trois ou quatre bancs et tables des biergarten du Rhin, et sous des toiles peintes suspendues à un fil,…
… aux slogans : « prenez une guitare », « tapez dans les mains », « libre et gratuit » « jouez » « chantez » « bœuf On the Road Again », nous fûmes. Le temps était idéal.
La consigne fut tenue jusqu’à 22h30. Environ 6 heures. Uniquement sur On The Road Again. Avec de courtes interruptions de quelques minutes le temps de réinstaller d’autres guitaristes ou de boire une gorgée. Ça n’a pas été possible de tenir plus longtemps. À la fin, il faisait froid et nous étions, à des degrés divers, complètement vidés.
Ce bœuf compris une quinzaine de longs moments musicaux, fonction des participants présents qui se succédèrent et relancèrent la route. Moments allant crescendo, parfois remarquables rythmiquement, presque hallucinatoires, ou alors plus drôles, fantasques en invention – particulièrement lorsque nous partîmes tous en solo, à 5 guitares, belle envolée collective sur une grille invisible. Pas mal de variations toujours en mi-sol-la, c’est normal, parfois plus loin. Quelques digressions aussi.
Mais ces moments furent entrecoupés de bouillies, d’écroulements mentaux, de dépressions, où la musique n’accrochait pas. La chaîne ayant sauté.
Il eut été facile de changer de morceau pour raviver les intervenants ou permettre à celui qui veut en montrer, d’en montrer. Mais non. La musique n’est pas une rivalité. La collectivité ne s'exprime jamais mieux que lorsqu'il faut tirer un vaisseau avec une corde.
Les copains qui sont passés sans jouer, doivent être un peu déçus aujourd’hui, car le bœuf ferme un peu la discussion. Et l’intérêt du spectacle est secondaire. Ce n’est pas un spectacle.
Mais le plus extraordinaire fut de jouer avec des inconnus. Des passants dans cette ambiance de berges. Oui, ce n’est pas ordinaire. Dans ces circonstances, le moment passé avec des gens que l’on a jamais vus, fut d'être copain immédiatement – il ne peut en être autrement. Pourquoi n’est-ce pas ainsi tout le temps ? Ou plus souvent ? Et d'ailleurs, si nous pouvons être copain avec des inconnus, pourquoi pas avec tout le monde ? Au lieu de perdre son temps en convenances, en salamalèques, en coups de téléphone et en conformité de toute nature. Et en conversations adaptatives, en présentations, en réglages et en vérification de la personne.
Oui, pour la vingtaine qui s’y sont donnés, ce fut un bon moment. Un « bon week-end à Paris ». Pour ceux – on connaît ça – qui se baladent et font les touristes dans le demi-ennui des rues et qui tombent là-dessus. Voilà le vrai idéal beatnick et spontex retrouvés.
V. et son fils ont joué. Aussi avec un saz, un luth turc, qui imprime un jeu très rapide. Le voyageur V2 a joué sans se faire voir et petit à petit a vraiment existé. Le père de famille Pf1, visage très jeune, joua une heure. Et un autre, Pf2, l’air d’un vieux prof de chimie, radieux avec son enfan, joua. Leurs familles accompagnant. Le prof de musique (?) extraverti, aux cent mille notes, faisant le pitre en montant sur la table avec des grimaces, joua. Les cinq de G. qui restèrent 3 heures à jouer. Son amie de Lille, joua. V3 chanta. Le guitariste manouche M. un peu paumé dans la pop, joua. Et A. qui n’avait pas joué de la guitare depuis 15 ans, joua, deux minutes, puis cinq minutes, dix minutes, une demi-heure… Et Y., spécialiste des ouh-ouuuuh et de la guitare balancée – médiator en bout de doigt–, joua. Et R. joua un solo de jazzoflute. Et d'autres. Difficile d’y rentrer, difficile d’en sortir.
Sans oublier les spectateurs assis aux tables de la terrasse à quelques mètres qui sont restés à discuter pendant une ou deux heures. Qui ont commencé à secouer la tête d’avant en arrière. Il était facile pour eux de se pousser 4 tables plus loin.
Justement, au loin, une personne doutait. Elle était là depuis le début, assez lookée, passant et repassant, investie depuis toujours dans la rock generation, ni candide, ni candidat à ce genre de chose. A la fin, avec un humour rock, elle me dit « quoi, vous n’avez pas tenu dix heures… » Au second degré quand même. Car a priori haussant les épaules à notre égard, la glace s’était sinon rompue, mais fêlée, et le simple fait que nous jouions On The Road Again aussi longtemps, fit que l’on exista plus que d’être simplement là, transparent et banal, si rock soit-il. Cela devait déclanché en lui un peu de compassion. Sans déconner.
17:00 Publié dans Pop Rock | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : On The Road Again, Bœuf, Jack Kerouac, Tribute2kerouac


Commentaires
J'aime beaucoup ce que vous faites.
Yvan
Ecrit par : Yvan Hiot | 26.09.2007
j'aime beaucoup ce que vous faites, again.
Yvan, Again
Ecrit par : yvan Hiot | 26.09.2007
j'aime beaucoup ce que vous faites, again, again.
Yvan, Again, Again, Again, Again, Again, ...
Ecrit par : yvan Hiot | 26.09.2007
Désolé de n'avoir pu jouer ma version. Impératifs familiaux... Je sais, ce n'est très beatnik, mais bon. Même Jerry Rubin est devenu père de famille, non ?
Et puis OK, je comprends le jusqu'au-boutisme de la performance, mais je pense qu'on aurait pu décliner On the Road sur d'autres chansons :
"Why don't we do it in the road ?"
"Country Road"
"On the road again"
"Down the road"
"Hit the road jack"
"Long and winding road"
Etc.
A la prochaine / JR
Ecrit par : rosselin | 26.09.2007
Euguène et merci.
Oui on aurait pu décliner, mais bon une autre fois...
on l'a fait un peu quand mème pour déconner sur 3 accords de blue suede shoes.
Bon moment et bon souvenir.
Merci encore .
Salut au faiseur de hou hou (Yvan peut être ?)
Laurent fais nous en d'autres comme ça et des plus délirant (yesterday, W64..)
tu as le bonjour de mon fils.
Ecrit par : vincent | 26.09.2007
Bien vu. Je signale à JR (ce qui n'est pas dans le Compte-rendu) que nous avons chanté "Why Don't we do it on the road" sur l'air d'On The Road Again. L.L.
Ecrit par : Laurent Laurent | 26.09.2007
tes évenemnet s'inscrivent (je pense) dans les micros-sociétés dont il est question dans ta dernière chronique de l'anti-actualité.
nouveau blog ? , réunion de plusieurs blogs ?, créations !!! encore et encore, euguène ind euguène !!! et audelà des blogs (qui n'en sont que le relais).
Ecrit par : vincent | 27.09.2007
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