14.06.2008

SIBELIUS ET BRAHMS / MYUNG-WHUN CHUNG ET RADULOVIC

7e9def095cc1811aa4fa2dd58f74b804.jpgBon, le concert d’hier soir à Pleyel* fut très bien. Soit. Quelques remarques :
— Le jeune violoniste N. Radulovic n’est pas très rigoureux, avec des passages faibles, mais avec des instants de grâce, de feeling !, très net et enthousiasmant. Il est détendu, sensuel et cool pour atteindre à l’aise souvent la note magique, l'absolu du violon, qui suspend le temps, coupe le souffle, surtout à Pleyel, la salle faite pour. En plus de la musique,…


… son jeu de scène, jambes fines et fléchies, se balançant d’un pied à l’autre, posture du rock, ajoute beaucoup.
— Sur Sibelius : agréable de retrouver les paysages du nord , la forêt, la fraîcheur des grands espaces. Impossible de faire autrement. Mais, comme Dvorak, comme les russes, les slaves, le mélange avec des notes orientales. Un monde dans l’autre. Qui au fond, se sont mariés durablement dans la musique.
— Pour la 4ème s. de Brahms. Très classique, très attendue, très allemande… Mais le 3e mv, le tube, joué trop fort, comme s’il était triomphale. L’orchestre sature. Ce n’est pas bon. Au contraire, il faut un tant soit peu retenir, poser, jouer rigoureux, faire bien entendre tout, droit. (Mais sans mollesse!) C’est une mélodie, d’où l’on ne peut sortir une fois entré (comme le Bal de Berlioz) Une pièce idéale à entendre par 2 pianos. Pas besoin d’en rajouter dans l’élan interprétatif car la force se transforme en lourdeur. Ce n’est pas l’incendie de Sardanaphale. Mais la soirée fut réussie.
* Orchestre philarmonique de Radio-France, Myung-Whun Chung 1) Concerto pour violon de Sibelius avec Nemanja Radulovic 2) 4e Symphonie de Brahms.

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