20.08.2008

ABBA SUR ARTE (?)

Furieux. D’avoir vu hier sur Arte, le documentaire à la gloire de Abba. Docu certainement commandé pour le marketting des labels et du groupe. « Trente ans déjà ». Il faut bien entretenir la rente. Retransmis là.
On y fait d’Abba, des créateurs musicaux. « Un talent fou ». Lennon Mac Cartney y sont même cités sur une allusion. Pourquoi pas Stravinsky ?
Rappelons qu’Abba, a été remis au goût du jour par l’excellent film australien…


… « Muriel » avec Toni Colette, décrivant une quasi arriérée mentale n’écoutant que de la musique d’arriérés mentaux : Abba. Trop drôle. La vogue du kitch aidant, on a donc ressorti Abba du placard, et on s’est amusé à rire de ce groupe. En le mettant sur un pied d’estal, par comble de kitcherie, dans un grand foutage de gueule, comme Quasimodo élu roi.
Évidemment, cette résurgence a été prise au premier degré par d’autres… Par les anciens afficionados. Et par des nouveaux qui mettent le disco et l’eurovision au plus haut dans l’histoire de l’art. Et bien sûr, les labels ont réactivés les promotions avec compassion pour profiter du revival, quel qu’il soit. Et nous voilà avec Abba comme un des plus grands groupes planétaires. Ah malheur !
Même les quatre suédois ne doivent ne pas en revenir. Je pense qu’on va bientôt avoir Titanic et Martin Circus en entretien à France Culture.
Mais au fond, pourquoi pas un documentaire historique, pour dire objectivement que c’était de la merde. Une vérité.Le concours de l'Eurovision, en 1974 (et toujours) est considéré comme de la camelote.
Le fait qu’ils aient vendu beaucoup de disques ne change rien, voire eu un succès mondial, ce qui est à discuter en qualité et non en quantité : d’autres l’ont fait aussi, avec cette fois une œuvre substantielle. Redisons-le : si la quantité est le seul critère de grandeur, nous voilà beau.
Non, Abba est une série de clichés musicaux, arrangés avec ce qu’il y a de plus pop-variétoche, interprétés par des voix de fille de camionneurs. Je me souviens d’eux à l’époque dans la programmations des radio comme d’une pollution musicale. Mais pas omniprésente quand même.
Nous avons là une réécriture du passé avec le présent. Un présent commercial.
Dans le genre, écoutons les Carpenters, dont la voix de Karen Carpenter peut-être captivante. Et les héritières d’Abba amélioées : les Bananarama. Et en France, « Il était une fois » pour le style pop-disco-variétoche.
Et ceux qui veulent vraiment entendre ce qu’il faut faire lorsqu’on est deux filles qui chantent correctemment et de bonne humeur, écouteront les B 52’s.
Bientôt un 55 minutes sur Arte, sur « Warum » le tube le plus ringard de l'humanité.

Commentaires

"MAIS LAURENT, ABBA A EU UN FORMIDABLE SUCCÈS ?!"
Alors… en complément et encore une fois, l’importance d’un artiste et d’un groupe ne se résume pas à leur succès commercial, mais à l’impact de leur œuvre. Le succès n’est pas un facteur à prendre en compte, même s’il nous fascine par l‘envie qu’il suscite en nous (lorsqu’on en fait état, c’est qu’on en bave). Ah malheur !
Pour Abba, sans doute ont-ils eu du succès. Oui. Mais de quoi ? Lequel ? Regardons :
Il y a toujours eu (qu’on l’apprécie ou non), vis-à-vis de a culture, et de la musique, une petite élite à la pointe très minoritaire. Et puis par ailleurs le gros de l’opinion, massif certes mais suiveur, crédule et inculte. Après 68 et dans les années 70, s’est créée une nouvelle catégorie non négligeable : la part de la jeunesse et de la population qui a contesté les standards culturels. Se plaçant entre l’élite et le gros des troupes. Sensible à des critères créatifs de contre-culture ou poétique qui étaient initiés dans l’élite autour du pop rock, de l’underground, de l’expérimental et de la marginalité. Cette nouvelle frange de population alliant le nombre et l’exigence, fut pourtant minoritaire relativement. Tout le monde ne fut pas freaks, baba, hippy ou gauchiste.
Alors évidemment, les commerçants, les requins, les labels commerciaux, voyant cet essor ont compris au bout d’un temps le profit qu’il pouvait tirer de ce qui n’était plus qu’une simple crise d’urticaire culturelle, mais un changement de société et de mœurs. On a alors récupéré quelques trucs de cette beat generation à destination de la variété, pour créer clé en main, les groupes de pop-variété : belles pin-up sexy et bronzés, musicos à cheveux long propre, costume de lumières, non pas les accoutrements baba cool mais les oripeaux discos. Le gros des troupes qui n’entrait pas dans la contestation, ni dans l’art, ou la défonce, ont trouvé comme une possibilité, un bien, une bonne offre que ces mannequins aseptisés qui se dandinaient sur des airs idiots fabriqués pour eux spécialement. Ce fut des artistes de producteurs margoulins.
Il faut bien voir que ce gros, cette majorité a donc été un formidable réservoir de clients qui achetaient en masse, pays par pays, et pendant longtemps les produits.
Il est donc logique que Abba, groupe emblématique de la variété pop, soit à la fois de meilleurs vendeurs et artistes minables. Donc non digne d’intérêt.
À signaler : la chronique de Dominique Dhombres en ce Monde du 21 août, consacré à ABBA est atterrante. Le summum de l’article qui ne dit rien. 3000 signes pour ne rien dire, c’est fort. L.L.

Ecrit par : Laurent Laurent | 22.08.2008

FURIEUX 2 : vu hier depuis ma location de vacances, le docu sur ARTE, "le clash des styles" 2 : Punk contre Pop. Un fatra où on enfile tous les clichés en une phrase avec des ex-vedettes du moment et au fond : rien à dire, aucune analyse, de l'histoire comme un zapping, et un docu où tout est à égalité, enfilant les plans d'au maximum 5 secondes, sans développement, montrant tout ce monde (qui fut un monde) comme un truc insignifiant. Voilà la machine à insignifier, inventé.
Comment Arte a pu diffuser une daube pareille ?
Vivement la semaine prochaine que je ne regarde plus la télé.

Ecrit par : Laurent Laurent | 27.08.2008

Mais enfin, Laurent, va à la plage !

Ecrit par : Vincent | 28.08.2008

idée : création d'un collectif dont chaque membre enverrait son poste bien emballé en recommandé voir en colissimo au président de France Télévision.

Ecrit par : Vincent | 28.08.2008

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