26.07.2009

ON NE S'EST JAMAIS AUTANT FAIT CHIER À PARIS.

Je suis passé hier samedi à Paris Place / Festival Indétendance comme chaque année, (j’ai loupé la première de vendredi). J’ai vu Piers Facini. Et un bout de Joseph d’Anvers. Sans grand intérêt. Pas mal, pas bien. Pourtant très bonnes conditions place de l’Hôtel de Ville, cette année, il faisait beau. Belle scène. Bon son.
Mais surtout, le fait marquant…


… (ce n’est pas la qualité musicale qui était en jeu) on sentait qu’on se faisait immensément chier. Il y avait une ambiance d’ennui qu’il était impossible d’imaginer une vie sans enuis. Même ceux qui ne s’en rendaient pas compte se faisait chier sans le savoir. C’était affolant.
Un public pas mal, plus ou moins assis, papotant un peu, groupes de jeunes, copains, couples, regardant ses messages Rien à faire d’autre qu’aller voir à 50 mètres sur la place pour voir.
Sur scène les musiciens sont pareils. Pareils que tout éternellement. Entre les concerts, on met de la musique pareille. Semi rock standart. Une monotonie. On regarde ses SMS. Impossible d’imaginer un monde sans guitare pas mal, avec la même phrase de chant assez triviale. Et on va plus loin où rien ne se passe. Ce n’est pas la faute des musiciens, quoique… C’est trop grand. C’est trop pareil. C’est trop semi-sympa. C’est trop bien pensant. Les types qui sont sur scène qui font des efforts sont là parce qu’ils connaissent du monde. Y a pas d’âme. C’est pas cher. C’est gratuit. Le son est très bon. On ne fait qu’attendre le groupe d’après. Sachant que tout est attendu semble-il pour l’éternité.
La fatigue.
On se demande s’il ne faudrait pas interdire la musique pendant cinq ans pour remettre l’émotion à zéro, au départ.

Il n’ y personne qui te parle. La musique, sa présentation, le lieu, et les gens, tous est stéréotypés. On ne s’est jamais autant fait chier à Paris que cet été. Mais c’est cool.

(je ne mets même pas de photo à cette note)

***

SUITE: DIMANCHE APRÈS MIDI : "Suite : Je suis repassé dimanche après midi vers 17h toujours à Indétendances. Sur scène il y avait Cécile Hercule. Comme il n’y a pas trop monde, on s’est assis, il faisait beau. C’était cool. Le son était bon. Bon, pas mal, mais ce qu’il y avait sur scène était sinistre. Fait sans croyance, sans crédibilité. Non seulement, le public se faisait chier, (il avait déjà fallu installé une moquette bleu pour pouvoir s’affaler sur place, pour attendre indéfiniment la mort), mais aussi la le groupe sur scène, Cécile Hercule, avait l’air de s’emmerder, d’être inquiet, comme s’il venait d’apprendre que leur camionnette a coulé une bielle et qu’il faut appeler la famille pour qu’il ramène la batterie au local. C’est dire.
Et puis ils se sont carrément arrêtés en plein milieu d’un morceau. Problème technique. Un gros balourd chef des machinos, dit des trucs a l’oreille de la chanteuse, avec son passe autour du cou. (C’est la mode pour avoir l’air con, on met le pass bien en évidence sur soi en scène) Au prochain morceau qui commence dans la désillusion la plus totale, il se met à chanter un duo avec elle. Fait la doublure. On sa se casser… Le malaise est certain.
Et puis… et puis… on se rend compte que c’est la balance de Cécile Hercule, qui dure depuis une demi heure. Ah malédiction ! Tout s’explique. Voilà pourquoi elle fait la gueule. C’est pas le vrai concert. Ah bon.
Cette mésaventure est symptomatique. Pas de différence en fait entre concert et balance. Les Artistes sont sur scène devant plus d’un milliers de personne comme s’il était sur un plateau de télévision, devant les caméra, mais pas à l’antenne. Et ils font la gueule. Le public ici est le dindon de la farce encore et toujours.
Et comme Cécile Hercule n’a pas l’aire exceptionnelle, en tant que nième petite chanteuse mignone qui en veut avec ses trois copains, comme il y a-en a tant d’autres, tout le monde a l’air con dans cette histoire, Cécile Hercule, le festival Indétendance, la Fnac, la Ville de Paris, Bertand Delanoë, et le public, moi surtout.
Alors on se casse.

Nous allons faire un tour au Palais Royal où miracle, sous les arcades d’entrée, nous tombons sur une bonne femme qui chante de l’opéra, (dont je ne raffole pas). Mais tout de suite, là, il se passe quelque chose. On s’arrête. On ne passe pas. Elle a la cinquantaine, l’air d’une semi bourgeoise normale. Elle est accompagnée d’un play back de ghetto-blaster. Et elle met en résonance (en raisonnance ?) les arcades. C’est très puissant. Et puis surtout, son chant est beau, il n’a rien a envié à ce que l’on écoute en disque. Comme ça, en direct, on comprend d’un coup ce qui se passe et qui nous accroche. Elle chante des airs connus comme Casta Diva, où elle donner son corps entier dans sa voix. Il y a 40 personnes qui passaient aussi, qui se sont figées de même dans l’espace au milieu des piliers. C’est extraordinaire.…

Ensuite, nous passons aux Halles, devant St Eustache, où un type de 25 ans s’est planté en plein milieu de cette très grande agora avec une méchante guitare folk à pan coupé, devant un pied de micro et un petit ampli. L’étui mou est comme un con plié à côté. Il nous fait Stairway To Heaven ! On s’arrête parce que tout ridicule ou tout culoté soit-il, cette position au milieu d’une centaine de pékins qui n’ont pas la force de se traîner à Paris-Plage, le type est entrain de s’arracher les tripes comme s’il jouait à l’Olympia. Position du corps. Il y va. À la manière  de Bruce Springsteen. Il chante en puissance, à sa manière. Ce qu’il y a de meilleur  dans sa génération post Jeff Buckley un peu plus rock. Et là il s’envole. Une version simple de Stairway To Heaven, sans le solo bien sûr, bien contourné mais une très belle fin. À retenir.
On sait où est le plaisir."

 

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